Jean Tardieu ~ Hollande (1962)
Ce que je comprends devient songe
T outes les fenêtres à la fois s’ouvrent, et d’un bond, je franchis mes limites. Des courants me délivrent, m’entraînent, me rassemblent. Ce qui s’annonce par l’embrun, ce qui provoque la rencontre et la séparation des eaux (sans cesse mariées et brouillées, évaporées, condensées, en pluie retombées), ce qui retient et retire, concentre et disperse, ces vouloirs opposés, irrésolus, soudain foudroyants, ces montagnes d’allusions les unes sur les autres entassées jusqu’au plus haut point de l’horizon vertical et que le vent peu à peu défigure et ruine, ces longues rêveries des heures où rien ne se passe, où tout se transforme lentement pour finir par un coup de colère, ces millions de chiffres de l’averse qui par morceaux accumulés font des grands nombres souverains, ces violentes caresses à rebours qui griffent la surface aisée où tout peut apparaître,
- là, dans les profondeurs de ce vaste délire naturel qui se contemple sans se connaître, là s’inquiète, s’irrite, retombe, s’apaise, se prépare une puissance sans mesure dont je suis moi-même secoué et qui me fait pareil aux mouvements du ciel et de la mer.
Bonjour je cherche le texte de jean tardieu : le cristallin.Sur Google , je n’ai trouvé que votre site mais la page n’existe plus….Est-ce qu’il serait possible que vous me le transmettiez s’il vous plait ?J’ai beaucoup aimé ce texte , je me suis reconnu dans ce qu’il disait.
Jean tardieu a l’art de mettre par écrit des choses enfouies au coeur de l’être….J’ai lu brièvement votre vécu et votre maladie,le lymphome, qu’apparemment vous avez réussi à combattre.Bonne continuation.
Bonsoir Mohammed,
Merci pour l’intérêt que vous portez aux Léoncioles.
J’élague régulièrement les billets de ce blog…
Sous une autre forme, je réactualise l’extrait que j’avais sélectionné pour répondre à votre attente :
Pour info : Jean TARDIEU – DA CAPO – est édité chez Gallimard.
LE CRISTALLIN (pages 52, 53, 54)
Ce texte est également publié chez Quarto Gallimard, Oeuvres : pages 1442 à 1475.
Bien à vous,
Marie-Christine